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ASPRA Santé “Toujours bon à savoir“ 22/06/2017

Pour nous, randonneurs de l’ASPRA , souvent au contact des hautes herbes dans la nature, une information qui m’a semblée particulièrement pertinente.

Extraits d’un article, remarquable, de la revue CYCLOTOURISME de la FFCT signé :Luc Passera et intitulé : Elles mordent, ils piquent. (Les tiques, les moustiques) N°669 – juin 2017

Nous nous limiterons, pour l’heure, aux tiques. Si vous voulez tout savoir des moustiques, contactez-moi. Bernard V.

LES TIQUES

Elles mordent…si vous voyez avec horreur une bestiole brunâtre ou grisâtre solidement implantée dans votre épiderme…Une tique !

Vous ne l’avez peut-être pas remarquée d’autant plus qu’elle affectionne des endroits discrets : entre les doigts, derrière les oreilles, plis des genoux, nombril, aisselles, aine, etc. Elle restera en place plusieurs heures, voire plusieurs jours se gorgeant du sang nécessaire à son développement. De l’œuf au stade adulte, elle doit effectuer trois repas de sang, à l’état larvaire, à l’état nymphal et à l’état adulte. Sa taille ira croissant, de la dimension d’une tête d’épingle pour la larve à un bon centimètre pour l’adulte. Son poids aura été multiplié par 600 ! Imaginez qu’après le repas qui accompagne l’assemblée générale de votre club, vous passiez de 60kg à 36 tonnes.

C’est après plus de 12 à 24 heures de présence sur votre corps que les risques de contamination deviennent importants. Ce qui vous laisse le temps de remarquer l’intrus.

C’est au cours de son repas que la tique est capable de transmettre via le va-et- vient du flux salivaire/sanguin un grand nombre d’agents pathogènes : virus, bactéries et parasites. Ces agents pathogènes, notre tique les a acquis au cours d’un précédent repas sanguin sur un hôte lui-même infecté qui joue le rôle de réservoir à bactéries. Sachant que la tique la plus répandue, lxodes ricinus, est capable de “fréquenter“ 300 espèces animales depuis les micromammifères (musaraignes, campagnols, lérots, etc.) jusqu’aux animaux de grande taille (sangliers, cervidés) en passant par les oiseaux, on comprend qu’elle multiplie les chances de s’infecter et donc de vous contaminer.

LA MALADIE DE LYME

Parmi les agents pathogènes transmis par lxodes ricinus retenons ceux responsables de la maladie de Lyme ou Borréliose. Ce sont des bactéries appartenant au groupe Borrelia bugdorferi. Si la tique a eu le temps de transmettre les Borrelia, vous serez alertés dans les jours qui suivent par l’apparition d’une auréole rouge dessinant un ovale s’étendant progressivement autour de la piqûre. Cet érythème chronique migrant s’accompagne le plus souvent de maux de tête, de douleurs articulaires, voire de fièvre, ce qui vous incitera à consulter votre médecin. Un traitement antibiotique doit normalement arrêter l’évolution de la maladie. Soigné ou non, cet érythème, qui n’est d’ailleurs pas systématique, va disparaître au bout de quelques semaines.

Ce n’est que des mois plus tard qu’une phase secondaire intervient. Douleurs articulaires, problèmes cardiaques (palpitations), troubles neurologiques entraînant des douleurs autour du point de morsure ou des douleurs faciales, vous conduiront obligatoirement à consulter. Avec des difficultés pour poser le diagnostic car vous avez souvent oublié depuis longtemps la présence d’une tique sur votre peau. Les atteintes articulaires et neurologiques peuvent même ne se manifester que plusieurs années après la morsure. Pour établir le bon diagnostic il faudra alors utiliser des tests sérologiques qui peuvent donner des faux négatifs. C’est ce qui nourrit une vive controverse. Pour les uns la maladie de Lyme reste peu connue des médecins et est donc sous-estimée. Pour les autres, elle est diagnostiquée à tort et à travers en dehors des recommandations officielles.

NE PAS PANIQUER

Seules quelques espèces de tiques sur les quarante présentes en France sont dangereuses car capables de véhiculer des agents pathogènes et/ou attirées par l’épiderme humain. Parmi ces dernières, le taux d’infection par Borrelia varie selon les régions : de 6% dans l’ouest de la France à 32% en Alsace. Vous avez donc des chances d’échapper à une tique contagieuse. Et si vous êtes mordu par une tique porteuse de borrélies, le risque de développer la maladie de Lyme est estimé à 10%. Le réseau sentinelle des médecins généralistes estime à 35 000 par an le nombre de nouveaux cas en France.

La population concernée en premier comprend les personnes en contact fréquent avec hautes herbes et forêts, car c’est là que les tiques sont abondantes, du printemps à l’automne. Grimpée sur une brindille- jamais les branches hautes d’un arbre- la tique attend un hôte convenable qui trahit sa présence par les effluves issus de sa respiration (gaz carbonique) et de sa transpiration (acide butyrique). Elle se laisse alors tomber à la recherche de l’endroit favorable à la morsure.

En conclusion, évitez de rester trop longuement dans les herbes hautes, les broussailles, les ronciers et les forêts. Vérifiez soigneusement vêtements et épiderme visible…et si la tique est présente, évitez surtout de la saisir à deux doigts. Ecraser son abdomen facilite l’injection des bactéries. Et contrairement à des idées reçues, n’essayez pas d’étouffer la tique sous un film de vaseline ou autre liquide. Vous ne feriez que provoquer la régurgitation d’une salive chargée de bactéries.

RETIRER UNE TIQUE ? PRUDENCE !

Surtout ne pas l’arracher brutalement. Observez d’abord que l’animal a bien quatre paires de pattes. Ce n’est donc pas un insecte (six pattes) mais un acarien cousin des araignées. C’est important car, quand on a huit pattes façon araignée, on a aussi des chélicères : deux poignards lilliputiens qui entaillent et dilacèrent la peau et permettent l’intrusion d’un minuscule cône porteur de dents rétrogrades. Ces pièces buccales forment un rostre ancrant l’animal dans votre chair. Vous n’avez rien senti car la tique injecte une salive anesthésiante et anticoagulante.

Fonctionnant telle une paille, le rostre suce le sang et injecte cette salive telle une pompe aspirante et refoulante. Résistez à l’envie d’attraper l’animal entre deux doigts pour l’extraire. Vous ne feriez que l’arracher en laissant sa tête et le rostre en place ce qui ne manquera pas de provoquer une inflammation. A défaut de posséder un tire-tique on utilisera une pince à épiler. Il faut saisir l’animal au plus près de la peau et tirer très lentement, sans saccades ni rotation pour éviter de laisser en place le rostre épineux. Les plus adroits, devant une grosse tique, utiliseront un fil à coudre avec lequel ils feront un nœud coulant amené au plus près du rostre. On serre alors le nœud et on tire lentement pour extraire la tique en entier. Il ne reste plus qu’à désinfecter le point d’ancrage.

Luc Passera



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